Semaine Guattari à l’occupation du 9 juillet

(06, 07, 08 octobre)

São Paulo, mai 2022

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Oui, je crois qu’il existe un peuple multiple, un peuple de mutants, un peuple de potentialités qui apparaissent et disparaissent, qui s’incarnent dans des faits sociaux, dans des faits littéraires, dans des faits musicaux. On m’accuse souvent d’être exagéré, bestial, bêtement optimiste, de ne pas voir la misère des peuples. Je le vois, mais… je ne sais pas, je délire peut-être, mais je pense que nous sommes dans une période de productivité, de prolifération, de création, de révolutions absolument fabuleuses du point de vue de l’émergence d’un peuple. C’est la révolution moléculaire : ce n’est pas un slogan, un programme, c’est quelque chose que je sens, que je vis, dans certaines rencontres, dans certaines institutions, dans des affections, et aussi à travers certaines réflexions (Félix Guattari, 1982).

  1. Présentation

L’année 2022 marque le 30e anniversaire de la mort de Félix Guattari, penseur-psychanalyste-militant français. L’effort d’inventer de nouveaux espaces pour l’exercice des libertés imprègne sa trajectoire dans différents domaines. De l’antipsychiatrie aux causes minoritaires, de la radio libre aux luttes anti-répressives, de la création philosophique à l’élargissement des horizons écologiques, Guattari n’a cessé d’expérimenter d’autres formes d’intervention et d’élaboration. Figure aux multiples visages, son héritage est également reconnu dans divers domaines : la clinique, la politique, la philosophie, l’art. Et surtout pour l’articulation unique qu’il a su produire entre différents domaines de connaissances et de pratiques.

Dans le sillage de la pluralité de sa pensée, des manifestations seront promues sous différents formats à travers le monde pour marquer cette date avec célébration. C’est dans le cadre de ces commémorations que s’insère la semaine Guattari, qui aura lieu les 6, 7 et 8 octobre à Ocupação 9 de Julho, à São Paulo. L’événement propose de quitter la sphère académique, qui accueille généralement des activités de ce type, afin de promouvoir des rencontres entre divers vecteurs et mouvements sociaux, étant entendu que ce déplacement exprime mieux son héritage au Brésil et les potentialités de son action au présent. Cette option vise également à explorer les résonances de la présence de Guattari dans les pratiques politiques et les actions collectives locales.

Le programme qui privilégie la rencontre entre différents collectifs, cherchant à produire des espaces de dialogue autour de problèmes communs – toujours provoqués par les propositions de Guattari – prévoit également des lancements de livres, des tables de débat, des projections de films et des performances de groupes culturels, comme cela sera détaillé tout au long du projet.

  1. Objectif

Célébrer l’héritage de Félix Guattari par la rencontre d’expériences collectives et individuelles, théoriques et pratiques, artistiques et cliniques, minoritaires, nomades, transversales, qui montrent, dans le contexte brésilien, les résonances de sa pensée, notamment l’activation du pouvoir micropolitique dans tous ces domaines. Cette conversation imaginaire vise également à promouvoir un espace d’expérimentation politique, animé par les idées de Guattari, en dialogue avec l’invention de nouvelles pratiques dans le contemporain, qui sont élaborées par ces diverses expériences dans le contexte brésilien (un phénomène qui, soit dit en passant, s’étend à l’ensemble du continent latino-américain).

  1. Justification

La relation de Felix Guattari avec les collectifs et les mouvements sociaux traverse sa trajectoire intellectuelle et politique. Il ne serait pas exagéré de dire que cette agence définit sa pratique de manière radicale. Il croyait que seule une telle interaction permettrait de redécouvrir le sens de la politique, et c’est à partir de cette compréhension de son héritage et de la nécessité de faire place à de nouvelles possibilités d’expérimentation politique dans le scénario brésilien actuel, que nous proposons la semaine Guattari à Ocupação 9 de Julho.

La proposition de ne pas organiser un événement de nature strictement académique se justifie par le travail du penseur-militant lui-même, qui, lors de ses voyages au Brésil, a toujours été intéressé par l’apprentissage des phénomènes politiques et l’échange d’expériences avec des groupes et des collectifs locaux. C’est en pensant à ce double registre, d’une part sa pratique, d’autre part son intérêt et sa relation au Brésil, que s’est esquissée l’idée d’une rencontre avec des collectifs et des mouvements sociaux. Il s’agit de produire, à partir de concepts forgés par Guattari – tels que la Transversalité, le Machinisme Inconscient, l’Ecosophie, la Schizoanalyse et le concept même de Micropolitique – une conversation entre les participants de l’événement, afin de provoquer un changement de positions – souvent centrées autour d’un problème ou d’une cause spécifique de chaque groupe – pour faire émerger non seulement un panorama des dilemmes contemporains, mais aussi pour entrevoir des pistes pour la formation d’alliances et de possibles agenciamentos collectifs.

L’option d’organiser l’événement dans l’occupation du 9 juillet n’est pas seulement le choix d’un lieu hors des murs des universités. Nous partons du principe que l’occupation est l’une des formes les plus efficaces de pratique politique de notre époque. Les exemples sont aussi divers que cohérents. Parmi elles, on peut citer la lutte pour la réforme agraire entreprise par le Mouvement des sans-terre depuis 1984 ; la lutte pour le logement et le droit à la ville dont fait partie l’Occupation 9 de Julho, avec des réalisations importantes ces dernières années et plus récemment l’occupation d’écoles par des lycéens en octobre 2015. L’hôte de l’événement intègre donc également les activités comme l’un des vecteurs qui guident les actions proposées. En outre, Ocupação 9 de Julho, appartenant au MSTC (Movimento Sem Teto do Centro), a été un exemple dans la relation entre un mouvement social et des initiatives culturelles, servant de pôle d’irradiation dans la ville.

Les changements politiques survenus récemment au Chili, un pays que Guattari a visité en 1989, alimentent également cette conversation imaginaire. Il s’agit de réfléchir dans quelle mesure certains agenciamentos collectifs explorés par Guattari trouvent un écho dans le Chili d’aujourd’hui. En même temps, nous espérons que les récits des stratégies de lutte de l’expérience politique la plus radicale de ces dernières années alimenteront le débat sur nos limites et la possibilité de construire le changement dans le scénario brésilien actuel.

L’idée de l’aquilombamento est également l’un des vecteurs de contagion de l’événement. Une pratique qui s’est renforcée parmi les collectifs et les mouvements sociaux en tant qu’exercice de soin et de protection et qui se configure, dans différents contextes, comme un moyen de créer des espaces de liberté et de valoriser les luttes communes. Le domaine de la pratique clinique utilise également cette notion pour créer une approche basée sur l’écoute du racisme structurel, présent dans le travail d’auteurs tels que Beatriz Nascimento, Abdias Nascimento et Emiliano Camargo. Le segment appelé « aquilombamentos cliniques » vise à mettre en dialogue les pratiques terreiro et les approches cliniques qui travaillent à partir de cette même matrice.

Des manifestations culturelles et des présentations artistiques complètent le déclenchement des discussions de l’événement. C’est à l’intersection de ces déviances minoritaires à pororoca – et de cette conversation imaginaire avec Guattari – que nous souhaitons ouvrir un espace d’expérimentation, allumer une étincelle dans le présent et impulser de nouvelles pratiques et des chemins possibles.

  1. Programmation

Le programme présenté ci-dessous se déroulera en personne à Ocupação 9 de Julho. Toutefois, afin d’assurer la décentralisation territoriale et d’élargir l’accès aux contenus gratuits, il est prévu de couvrir et de diffuser en streaming les activités qui se déroulent pendant les trois jours de l’événement.

Programme

Jours

06 Oct

07 Oct

08 Oct

12h

Rituel d’ouverture avec la participation des membres du théâtre Oficina et de l’Université Anthropophagique

13h30

Déjeuner*

Déjeuner*

Déjeuner*

15h30

Réunion 1 : Introduction au problème de l’organisation

Questions soulevées – question de l’autonomie avec la participation de Carmen Silva

Réunion 2 :

Bloc Chile (Vitrina dystópica et Coordinadora feminista 8m)

Réunion 3 : Clinique Aquilombamentos + Babalorixá professeur Sidney

17h

Événement 1 : Suely Rolnik – La rencontre entre les Guattaris et les Brasis (pendant, après et maintenant) : résonances, contagions et germinations

Montage **

Assemblée de convergence ***

avec la participation de Rita Segato

19h

Lancement du livre**

Événement 2 : Nego Bispo et Joviano Mayer

Présentation par Cia Teatral Ueinzz

21h

Projection d’un film

­

Lecture de poèmes

Performances du DASPU

22h

­

Fête de clôture à l’hôtel Cambridge

*Les déjeuners font partie du programme de l’événement en tant que laboratoire d’expérience politique. Tout au long des trois jours de l’événement, certains participants, sur inscription préalable, pourront collaborer à la préparation du déjeuner et expérimenter les pratiques organisationnelles de l’Occupation 9 de Julho.

**Les titres suivants seront lancés : Cartographie schizoanalytique (Guattari) ; Les années d’hiver (Guattari) ; Micropolitique : Cartographies du désir (Guattari&Rolnik) – réédition ; Psychanalyse et schizoanalyse (org. Anderson Santos), Accompagnement thérapeutique (Maurício Porto) et Sphères d’insurrection. Notas para uma vida não cafetinada (édition révisée), tous par n-1 edições. Un numéro de la revue Cadernos de subjetividade, avec des textes faisant référence au séjour de Guattari au Brésil, sera également lancé à cette occasion.

*** Espace de conversation entre les groupes, mouvements et collectifs participants, animé par la présentation d’expériences du Chili.

**** Espace de conversation entre les groupes, mouvements et collectifs participants, dynamisé par la présentation de tous les vecteurs travaillés (clôture des rencontres).

  1. Activités parallèles

5.1. Salle de cinéma

Pendant les trois jours de l’événement, une salle de l’Occupation 9 de Julho sera adaptée pour l’exposition audiovisuelle. Le programme comprend une sélection de films avec des entretiens avec Félix Guattari et d’autres productions qui font écho à ses idées et/ou résonnent avec sa pensée.

Programme :

Films –

– « Gaia’s Turnaround », par Mariana Lacerda et Rivane Neuenschwander (work in progress, 20 min)

– « Le souffle du Xapiri », par Mariana Lacerda, Isabela Guimarães et Giselle Motta

(7 min)

– Guatá, de Jorge Morinico et Epifanio Chamorro (56 min)

Vidéos

– Sélection de 14 vidéos de Guattari sur la clinique de La Borde, la plupart réalisées par François Pain

– « Odisséia da Espera », travail avec 70 aphasiques du groupe « Ser em Cena », réalisé par Elisa Band (1h)

– Vidéo d’Osvaldo Saidon – déclaration sur Guattari en Argentine (10 min)

– « Trialogues », avec Jean Claude Polack, Anick Kouba, sur la clinique de Guattari (36 min)

– Ils disent que je suis folle » par Miriam Chnaiderman (12 min)

5.2 Atelier ecosofias // territoires moléculaires //

Dans le but de produire des activités décentralisées, des séances de lecture et de discussion collectives seront organisées à partir des textes Les trois écologies et/ou Révolution moléculaire : pulsations politiques du désir, de Félix Guattari, dans le cadre de la Semaine Guattari, dans différents territoires et à différentes dates.

Les ateliers seront menés et médiatisés de manière autonome par des collectifs, des organisations, des leaders et des projets qui travaillent avec et à partir des relations entre les corps et les territoires dans différents contextes communautaires dans des espaces ruraux et urbains au Brésil.

À travers une lecture collective et des propositions basées sur les œuvres de Guattari, l’activité cherche à fournir l’expérience de penser que la production artistique, la praxis politique et l’écologie du mouvement culturel conforment une manière spécifique d’être et d’agir dans le monde ; ou, plus précisément, de co-habiter un monde peuplé d’êtres vivants et non vivants et par les multiples pouvoirs qui en rayonnent (Cecília Campello do Amaral Mello).

La participation se fera sur invitation et inscription par le biais d’un appel ouvert, qui sera publié en juillet sur la plateforme de diffusion de la Semaine Guattari.

Les séances de lecture sont prévues tout au long du mois de septembre dans les différents lieux des organisations participantes invitées et inscrites par formulaire.

* Les enregistrements des activités seront fournis par les collectifs participants à travers la plateforme Miro et les réseaux sociaux et seront édités et présentés à l’Ocupação 9 de Julho par des projections tout au long de l’événement.

Organisations participantes :

 

  1. Musée du fromage à la crème – Igatu, Chapada Diamantina, BA. Randonnée guidée avec Mestre Chiquinho et séance de lecture au musée Requeijão. En partenariat avec Mirante Xique-Xique

  2. Jardin communautaire et éducatif de Santo Antônio do Pinhal – Santo Antônio do Pinhal, SP. En partenariat avec le festival littéraire de Mantiqueira et Mutirão

  3. École et bibliothèque Colina – Itamonte, MG

  4. Maison de l’Hibiscus / Musée de la minéralogie – Demetria, Botucatu, SP

  5. Jardin potager communautaire – Cidade Tiradentes, SP

  6. Centre d’intégration Serra da Misericórdia – Complexo da Penha, RJ

  7. Snack Bar – École à venir, RJ

5.3 Fichiers/seaux tactiques d’intervention 1

Le projet Tactical Archives, organisé par un collectif qui s’est appelé Bucetáticas, vise à récupérer l’histoire des médias tactiques au Brésil dans un récit de perspective féministe, en poursuivant la recherche sur les médias libres et la place de cette production dans les pratiques collectives, auto-organisées et dans la production de l’internet brésilien au cours des 20 dernières années à travers une méthodologie de recherche et de création pour la réparation et la restauration, physique et de la mémoire, d’une collection liée aux arts, aux médias et aux technologies libres dans le contexte brésilien.

En 2017, le projet a créé le site web/base de données http://midiatatica.desarquivo.org dans lequel il met à disposition des publications – livres, thèses et revues, sous licences ouvertes – qui mettent à jour les politiques d’accès et de production culturelle au Brésil. Et produit la cartographie visuelle de ces 20 années, signalant les connexions entre les textes, les essais, les projets et les sites web qui reflètent le contexte politique et les changements technologiques qui ont marqué les événements, les rencontres, les intersections entre l’art et l’activisme, ainsi que les chemins institutionnels du développement des réseaux au Brésil.

Pendant la semaine Guattari, le projet produira des récits textuels, visuels et médiatiques dans divers formats, en s’appropriant la notion de cartographie comme concept et outil pour rassembler la polyphonie des voix impliquées. L’événement lancera également l’appel à propositions pour un recueil de textes qui sera publié en deux volumes (2023) ainsi que la publication d’un texte inédit de Ricardo Rosas.

Un support technique sera également mis à disposition pour la lecture et la visualisation du matériel écrit et audiovisuel recueilli et archivé, mais aussi en ligne, y compris les initiatives se déroulant dans d’autres parties de la planète et inspirées par la même occasion de célébration (comme le projet https://chaosmosemedia.net).

  1. Profils d’invités

Carmem Silva : dirigeant du MSTC (Movimento Sem Teto do Centro), conseiller municipal et étatique pour le logement et militant du droit à la ville. Noire et brésilienne du nord-est, elle est une urbaniste pratique, ayant déjà donné des cours d’architecture et discuté avec les autorités des secteurs public, privé et universitaire. En tant que penseuse, elle est l’auteur de Cordéis « Terra Prometida » et « 100 dias de exílio » (éditions n-1). Elle a reçu plusieurs prix, dont le FNA, l’APCA et ARCHcine, ce dernier en tant qu’actrice pour « Era O Hotel Cambridge ». Avec la MSTC, elle a sorti près de 3 000 personnes de logements précaires et sous les viaducs, favorisant l’inclusion sociale, l’accès à la santé, l’éducation et la culture.

Suely Rolnik : est psychanalyste, essayiste et professeur à la PUC-SP. Son travail – dont l’axe est la décolonisation de l’inconscient, de manière théorique et pragmatique, dans une perspective clinico-politique et transdisciplinaire – participe à la construction collective, locale et internationale, face aux impasses du présent, à travers des rencontres, séminaires, conférences, débats, ateliers, films, expositions et publications. Ses livres les plus récents sont Antropofagia Zumbi (N-1, 2021) et Esferas da insurreição. Notes for a life not cafetined (N-1, 2018), qui sera lancé lors de l’événement dans une nouvelle édition révisée. Co-auteur avec Félix Guattari de Micropolitique. Cartographies du désir (Vozes, 1986), dont la réédition brésilienne, revue et augmentée d’une postface, sera lancée lors de l’événement par n-1.

Nego Bispo : quilombola de Piauí, membre du réseau de maîtres et d’enseignants de l’Université de Brasília (UnB), est un agriculteur, diplômé de maîtres et de maîtres de métiers, résident du quilombo Saco-Curtume, situé dans la municipalité de São João do Piauí. Activiste politique et militant de grande expression dans le mouvement social quilombola et dans les mouvements de lutte pour la terre, il est actif dans la Coordination étatique des communautés quilombolas de Piauí (CECOQ/PI) et dans la Coordination nationale d’articulation des communautés rurales noires quilombolas (CONAQ). Auteur de deux livres qui sont sous presse, chez des éditeurs différents.

Joviano Mayer : éducateur artistique, avocat populaire, maître et docteur en architecture et urbanisme de l’UFMG. Il possède une expérience en droit, notamment en droit urbain, et travaille principalement sur les sujets suivants : conflits fonciers, réforme urbaine, droit à la ville et planification urbaine.

Rita Segato : est une anthropologue et féministe argentine qui a vécu pendant des décennies au Brésil, où elle a enseigné à l’UnB. Elle est particulièrement connue pour ses recherches sur les questions de genre dans les peuples indigènes et les communautés d’Amérique latine, sur la violence de genre et les relations entre le genre, le racisme et la colonialité. Parmi ses ouvrages, citons Les structures élémentaires de la violence (2003), La nation et ses autres (2007), La guerre contre les femmes (2017), Contrepédagogies de la cruauté (2018). Son travail a inspiré les collectifs féministes chiliens et de nombreux autres mouvements féministes en Amérique latine.

Babalorixá Professeur Sidney : Candomblé Babalorixá, docteur en sémiotique de l’USP, auteur du livre Intolerância religiosa.

Ialorixá Batia Jello et Coletivo Por nós : Ialorixá, leader communautaire, féministe anti-prohibitionniste, militante anti-prison et ex-prisonnière. Son terreiro candomblé est situé dans l’est de São Paulo, dans le quartier de Jardim São Roberto. Elle est la fondatrice du collectif Por Nós (un réseau de femmes activistes contre la prison) qui accueille et aide les femmes qui ont quitté le système carcéral, et est membre de Renfa : Rede Nacional de Feministas Antiproibicionistas (Réseau national de féministes antiprohibitionnistes).

Ialorixá Márcia D’Oxum et le mouvement Afrikerança : Ialorixá, leader communautaire, cofondatrice du collectif Por Nós (un réseau de femmes militant contre la prison) et du collectif Afrikerança, une organisation qui réunit des matriarches candomblés, les Iyalorisás, pour repenser un nouveau modèle de société fondé sur la sororité, la solidarité et les connaissances ancestrales des mondes axés.

Adriana de Omulu et Rede Mulheres de Axé : Ialorixá, membre du mouvement Femmes d’Axé, une organisation politique, sociale et culturelle de femmes de religions de matrice africaine au Brésil qui œuvre à la préservation des traditions, de la culture et de la valorisation des religions de matrice africaine dirigées par des femmes, ainsi qu’à l’affirmation de l’identité raciale et à l’autonomisation politique de ces femmes dans les communautés dans lesquelles elles vivent.

Javiera Manzi : Sociologue de l’Université du Chili, chercheur, enseignant et archiviste. Spécialiste de la recherche sur les questions qui croisent l’art, le genre, les politiques de mémoire, les archives et les processus culturels. Co-auteur du livre Resistencia gráfica a la dictadura en Chile et Tallersol (LOM, 2016). Elle est coordinatrice de Red Conceptualismos del Sur et porte-parole de la Coordinadora Feminista do 8M .2

Patricio Azocar Donoso : chercheur, professeur et activiste. Professeur de philosophie (UMCE), Master en études de genre et culturelles (Uchile). Membre du Laboratorio Transdisciplinar en Prácticas Sociales y Subjetividad – LAPSOS à l’Université du Chili. Professeur du programme de politiques d’inclusion-exclusion éducative du département de philosophie de l’UMCE. Professeur d’éthique et de philosophie au département de psychologie de l’université d’État de l’Ohio. Professeur d’épistémologie et d’éthique du service social à l’Institut professionnel du Chili. Chercheur pour le groupe d’études expérimentales Paul K. Feyerabend et le collectif Dystopian Vitrine .3

Elaine Bortolanza : travaille en tant que psychologue, chercheuse et productrice culturelle aux intersections entre sexualité, santé, genre, diversité sexuelle, droits de l’homme, mouvements sociaux, mémoire et écriture de soi. Elle est titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en psychologie clinique de l’université catholique pontificale de São Paulo et fait partie du réseau brésilien des prostituées. Depuis 2013, elle est responsable de la DASPU4 .

Betania Santos : prostituée, féministe, militante, mère, l’une des principales dirigeantes de l’Associação Mulheres Guerreiras da Zona Itatinga – Campinas SP, membre du Coletivo Puta Davida et de la Rede Brasileira de Prostitutas.

Carú de Paula Seabra : navigue dans l’exystêncya en tant que feytyceyro, psychologue, multi-artiste, conjurateur de ynymagynáveys et promoteur de la santé. Il est maître en psychologie clinique de PUC – SP et coordinateur du projet Acolhe LGBT+ dans l’institution internationale LGBT+ All Out. Il construit ses performances et ses recherches à l’intersection des spirales, dans un exercice visant à ne pas interrompre les flux qui préservent une vie digne. Elle agit dans la construction d’une clinique qui préserve la dignité et l’éthique, et un pacte non négociable avec les soins de santé mentale et la garantie de l’autonomie, en particulier pour les corps noirs, bruns et indigènes dissidents et racisés.

Teatro Oficina e Universidade Antropófaga : c’est la plus grande et la plus ancienne compagnie de théâtre en activité au Brésil. Fondée en 1958 sous le nom de Companhia Teatro Oficina, qui a donné naissance à l’actuelle Associação Teatro Oficina Uzyna Uzona. L’Universidade Antropófaga est un projet de l’association dirigée par José Celso Martinez Corrêa qui accueille des jeunes de diverses régions du pays pour pratiquer la transmission des connaissances du théâtre.

Cia Teatral Ueinzz : c’est un territoire scénique pour ceux qui sentent le monde vaciller. Comme chez Kafka, il fait du mal de mer sur la terre ferme une matière à transmutation poétique et politique. Dans l’ensemble, il y a des maîtres dans l’art de la voyance, avec des connaissances notoires en improvisation et en néologismes ; des spécialistes des encyclopédies maritimes, des trapézistes frustrés, des attrapeurs de rêves, des actrices interprétatives. Il y a aussi les inventeurs de la colombe égyptienne, les inconnus de la musique, les maîtres brasseurs et les êtres naissants. Des vies proches expérimentant des pratiques esthétiques et des collaborations transatlantiques. Communauté de ceux qui n’ont pas de communauté, pour une communauté à venir.

  1. Équipe du projet

Conception :

L’événement a été esquissé collectivement par un groupe de chercheurs et de militants, réunis par le philosophe Peter Pál Pelbart. Le collectif est formé par Ana Luiza Braga, Anderson Santos, Caca Mousinho, Cristina T. Ribas, Felipe Shimabukuro, Fernanda Gomes, Karlla Girotto, Kwame Yonatan Poli dos Santos, Larissa Drigo, Maria Eduarda Checa, Paula Cobo Guevara, Rafael Ferro et Rafael Matede.

Fonctions spécifiques :

Coordination générale : Peter Pál Pelbart

Coordinateur exécutif : Fernanda Gomes

Production : Caca Mousinho et Rafa Ferro

  1. Organisme demandeur

Association i-motirõ imotiro.org

Nouveau Mutirão : approche des théories et pratiques des cultures analogiques et numériques

CNPJ 10.881.452/0001-83

Nous sommes un collectif de chercheurs, d’éducateurs, de militants, de gestionnaires et d’artistes qui travaillent à la production de connaissances interdisciplinaires, en agissant dans des projets éducatifs et en générant des outils de partage et de diffusion des connaissances et des pratiques. Nos actions renforcent les processus qui génèrent l’autonomie, la participation locale, la conservation de la biodiversité et des identités culturelles. Notre histoire est intimement liée à la création de réseaux autonomes pour la production et l’échange de connaissances et de technologies. Nous travaillons pour une éthique de la connaissance et des outils libres, qui peuvent être reproduits et mis à jour dans des contextes situés.

Pendant 10 ans, l’association imotirõ a accompagné le fragile scénario politique brésilien dans sa transition entre une utopie techno-consciente se référant à la fabrication numérique propre et collaborative, et le démantèlement conséquent de ces pratiques, politiques et imaginaires dans une dystopie de plus en plus propriétaire et extractiviste. Le démantèlement de la sphère publique et de plusieurs droits liés à la connaissance située et aux technologies libres n’arrête pas notre action résistante et désobéissante. Au contraire, elle nous pousse à nous repositionner comme protagonistes de notre propre histoire, en recréant en permanence nos actions esthético-politiques.

  1. Groupes cibles

Résidents et habitués de l’occupation du 9 de Julho, collectifs et mouvements sociaux, chercheurs, artistes, groupes organisés, militants indépendants et autres personnes intéressées par l’héritage de Félix Guattari.

  1. Les étapes du travail

Étapes

Activités

Mois

Pré-production

Réunions préparatoires bimensuelles

De janvier à avril

Identification des invités

Mars

Développement de projets et collecte de fonds

Avril

Préparation du contenu et de la méthodologie

Mai à juillet

Formalisation des invitations

Août

Production

Préparation des pièces graphiques et des contenus pour la diffusion

Août

Réunions préparatoires avec les mouvements et les collectifs

Août et septembre

Divulgation

septembre et octobre

Préparation de l’espace et de l’infrastructure

Octobre

Réalisation de l’événement

Octobre

Post-production

Finaliser les paiements et les contrats

Novembre

12. Budget (feuille de calcul jointe)

13. Plan de diffusion et de communication

Pièce d’information/véhicule

Spécifications

Quantité

Médias électroniques – Site web de l’événement

Création et maintenance de sites web

1

Affiches – Lambe Lambe

A3 – papier N&B 150g

200

T-shirts

100% coton Impression recto et verso : polychrome

100

Médias électroniques – Réseaux numériques (Instagram et Facebook)

Divulgation du programme de l’événement

Couverture et diffusion en ligne

Streaming pendant toute la durée de l’événement

Bureau de presse

Relations avec les médias/diffusion

1

14. Contrepartie

La mention de Sesc sera présente dans le plan de publicité et de communication de l’événement qui sera adressé à la presse et aux différents publics. Il sera également mentionné dans toutes les interviews de publicité de l’événement données par les organisateurs et les participants. Le logo Sesc sera également inséré dans tout le matériel publicitaire : pièces graphiques, communiqués de presse, pièces de communication pour les médias numériques, sites web, entre autres possibilités, en suivant les spécifications du manuel de signature fourni.

1 Collectif formé par Adriana Veloso, Cristina T. Ribas, Elisa Ximenes, Fabiane Borges, Giseli Vasconcelos, Milena Durante, Tininha Lhanos, Inês Nin, Sue Nhamandu et Tatiana Wells.

2 La Coordinadora Feminista 8M (CF8M) est un espace qui articule des organisations sociales, politiques et individuelles multiples et diverses dans une perspective féministe. Le collectif cherche à faire du féminisme une perspective politique transversale pour les mouvements sociaux, à favoriser les rencontres, le dialogue et les actions collectives entre différentes organisations et à proposer un agenda commun de mobilisations contre la précarité de la vie. http://cf8m.cl/

3 Le collectif Vitrina Dystópica Le collectif Vitrina Dystópica est une plateforme radiophonique de réflexion et de communication politique qui, depuis sept ans, a noué des alliances avec différentes organisations sociales et territoires sous la forme de programmes radiophoniques, d’interventions publiques et de journées de discussion ouverte. Depuis 2022, avec d’autres collectifs, participants actifs avant, pendant et après les mobilisations sociales du 18 octobre, ils ont entamé le processus d’un espace de production de connaissances et de recherche appelé Espacio Tierra/Territoires de recherche expérimentale, rythmique et artistique. Espacio Tierra vise à créer un environnement d’expérimentation qui permette la durabilité des groupes sociaux et politiques associés grâce au partage de connaissances et d’expériences, à la production située de connaissances. Dans le processus constitutif, elle cherche à affirmer le défi de réinventer les alliances entre les pratiques autonomes et les institutions sociales de gestion locale et territoriale https://dystopica.org/.

4 Daspu a été créé en 2005 par l’écrivain et prostituée Gabriela Leite, fondatrice du mouvement organisé des prostituées au Brésil. L’institution est née pour donner une visibilité aux agendas des mouvements qui, depuis 1987, agissent comme le Réseau brésilien des prostituées (RBP) dans la défense des droits des prostituées et des travailleurs du sexe. Avec la répercussion générée, la marque a fini par devenir un dispositif artistique-culturel, qui dialogue avec les questions liées au corps, dans la lutte contre les normes sexuelles et de genre, apportant les luttes féministes et LGBTQIA+ sur le podium.